Black History Month : Quand l’histoire parle… et que l’homme choisit
- The Civic Whisper

- 4 févr.
- 3 min de lecture

Quand l’histoire parle… et que l’homme choisit
Lettre à la république, lettre à tous,
J’ai écrit l’hymne des battants, ceux qui ne font pas toujours ce qu’on attend d’eux, qui ne disent pas toujours ce que l’on veut entendre, parce que la vie est un combat.
J’ai écrit l’hymne de la liberté, sans empreinte de racisme, face à la tolérance hypocrite de ceux qui ont bâti leur nation sur le sang, aujourd’hui érigés en donneurs de leçons : pilleurs de richesses, colonisateurs, tueurs d’Africains, tortionnaires d’Algériens. Ce passé colonial, ce passé inhumain, c’est le nôtre. L’histoire des Noirs est l’histoire de tous.
Aujourd’hui, conscients du rêve porté au monde par la voix de Martin Luther King, nous nous rappelons, sans aucune nostalgie, notre histoire. Une histoire bercée par des révolutions, par des génocides, par le darwinisme et des méthodes pseudoscientifiques qui ont permis de diviser, une énième fois, des êtres humains, comme ce fut le cas au Rwanda, et comme cela se produit encore aujourd’hui en Orient, où pratiquer une religion, croire en un Dieu ou penser autrement est devenu un crime, une atteinte à la dignité d’un autre être humain.
Depuis quand les humains ont-ils une soif aussi dévorante de pouvoir et de vérité absolue, au point de se soumettre à la haine ? Comment l’être humain a-t-il pu oublier son histoire dite civilisatrice après les guerres les plus sanglantes de toute l’humanité ? Pourquoi devrions-nous encore aujourd’hui nourrir les morts avec le sang des vivants ? Pourquoi l’être humain n’apprend-il pas de ses erreurs ? Tout cela porte à croire que le monde ne changera pas, et encore moins l’humain. Car l’homme est un loup pour l’homme depuis sa création. L’homme, à qui Dieu a donné le libre arbitre dans un jardin d’Éden où l’on avait glissé un serpent, a fait son choix.
Peut-être que l’homme est un loup, et loup il restera. Mais nous n’arrêterons pas de nous battre pour ce qui est juste.
Nous n’arrêterons pas de nous battre pour tous les peuples de ce monde qui luttent pour la liberté de vivre, pour mettre fin à la stigmatisation de l’humain, peu importe sa couleur, sa religion ou ses origines. Aux côtés de tous ces habitants du monde qui meurent dans des pirogues, aux frontières des eaux internationales, réduits en esclavage ; pour tous ces peuples encore stigmatisés pour le simple droit d’exister.
Nous n’arrêterons pas de nous battre pour que le berceau de notre civilisation ne soit plus une tombe.
Ainsi, jamais je n’oublierai notre histoire dite civilisatrice, qui a dominé le monde d’hier par des conquêtes et des barbaries.
Jamais je n’oublierai le visage de nos ancêtres, attachés à des chaînes, introduits dans un commerce que seuls les politiques racistes comprenaient et dans lequel les Africains n’avaient aucun mot à dire, soumis à une religion instrumentalisée. Triangulaire, le disait-il : ces hypocrites, prêts à nous entasser dans des bateaux et à s’ingérer dans nos politiques lorsqu’il s’agit d’intérêts personnels dominants, tout en faisant croire à la métropole à une mission civilisatrice. Secret de Polichinelle, bien évidemment.
J’aurais pu poursuivre encore, longtemps, mais même une année entière ne suffirait pas.Car nul mois ne saurait enfermer le vécu de nos ancêtres. Cependant, soutenons ce qui nous ressemble et soyons des fils et des filles de la mondialité, car le glas sonne pour tout le monde, à commencer par celui qui l’actionne.(Chamoiseau, Frère migrants)
À quand la mondialité ?
À quand la solidarité ?
À quand le respect du droit international humanitaire ?
À quand la vraie démocratie ?
Autant de questions laissées en suspens, flottant entre les murmures feutrés des pionniers du panafricanisme, des abolitionnistes et des humanistes, et l’écho plus grave des cris de ceux-là mêmes qui, porteurs de cet idéal, sont tombés au combat :
Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Martin Luther King Jr., Malcolm X, Rosa Parks, Angela Davis, Abraham Lincoln, John Brown, William Lloyd Garrison, Nelson Mandela, Sékou Touré, Modibo Keïta, Thomas Sankara…
By Sir Whisper




Un texte très riche.
On sent une vraie sincérité et un engagement profond dans chaque partie du texte. C'est un texte qui interpelle le lecteur et qui fait réfléchir.
Bref, chaque mot a été choisi avec intention.
Bravo.