ONU : La traite negrière reconnu comme le crime le plus grave de l'humanité
- The Civic Whisper

- 29 mars
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Accepter la vérité et reconnaître la prétendue “mission civilisatrice” blanche, ou la refuser et s’enfermer dans le déni : tel serait le dilemme moral posé par la reconnaissance de la traite négrière comme le crime le plus grave de l’humanité.
La reconnaissance, par l’Assemblée générale des Nations unies, de la traite négrière comme l’un des plus grands crimes contre l’humanité constitue un moment politique et mémoriel important. Elle ouvre un champ de réflexion considérable : sommes-nous en train d’assister, plus d’un siècle après les abolitions, à une forme de « nurembergisation » de la traite négrière et de l’esclavage ? Autrement dit, cette reconnaissance annonce-t-elle l’émergence d’un cadre plus contraignant en matière de justice historique, de poursuites, voire de réparations ?
Le sens de ce vote dépasse largement la seule symbolique. Il pose la question de la responsabilité des États, de la place accordée aux mémoires longtemps reléguées, et de la capacité du droit international à se saisir pleinement des crimes fondateurs de la modernité occidentale. Dans ce contexte, le vote négatif d’Israël peut être lu comme l’expression d’une cohérence politique, tandis que l’abstention de la France ne peut qu’interpeller, au regard de son histoire et de son implication dans la traite atlantique.
Pour le continent africain, cette reconnaissance pourrait représenter une avancée majeure. Elle participe d’une relecture du passé à partir des souffrances endurées par des millions d’Africains arrachés à leur terre, déportés, déshumanisés et inscrits dans un système d’exploitation totale. Toutefois, cette avancée ne doit pas conduire à une hiérarchisation des souffrances. Opposer les mémoires ou installer une compétition victimaire serait une erreur politique et morale, de nature à fragiliser le vivre-ensemble et à enfermer les peuples dans des récits antagonistes.
Enfin, il est aujourd’hui essentiel que les sociétés africaines puisent dans cette reconnaissance non pas une justification de leurs impasses présentes, mais une force pour s’en affranchir. S’émanciper d’une histoire douloureuse, ce n’est ni l’effacer ni la nier ; c’est refuser qu’elle serve indéfiniment de prétexte à l’inaction, à l’autojustification ou à la désignation de responsables extérieurs. Il s’agit de construire une autre histoire : celle de générations nées après la colonisation et la traite négrière, éduquées, conscientes de leur condition sociale, engagées dans la transformation profonde de leur pays et résolues à faire rayonner un continent dont la souffrance historique ne doit pas effacer la promesse politique
By Sir Echo




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