Burkina Faso : Une énième tentative de coup d'État déjouée par le gouvernement de IB.
- The Civic Whisper

- 19 janv.
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Dernière mise à jour : 21 janv.

Le Contexte
Aujourd’hui, une autre tentative de putsch déjouée, pour le moins que l’on puisse dire anodine, s’ajoute au palmarès du capitaine Ibrahim Traoré au Burkina Faso. Depuis la prise de pouvoir du président Ibrahim Traoré, soutenue par le peuple, celui-ci a montré sa dévotion dans les rues et combattu aux côtés de la junte militaire, comme ce fut le cas lors de la journée du 3 janvier 2026. En effet, il est important de noter que le Burkina Faso fait partie de l’Alliance des États du Sahel (AES), née d’une velléité panafricaniste, d’une lutte pour la souveraineté africaine et d’un dégoût vis-à-vis de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest), jugée corrompue et marquée par une forme de servitude volontaire à l’égard de tout ce qui représente la Françafrique, notamment l’institution monétaire du franc CFA, franc des colonies française en Afrique (vous pouvez remplacer CFA par communauté Francophone d'Afrique, mais cela ne change en rien la réalité socio-économique des pays concerné).
De plus, il est important d’évoquer non seulement le caractère politique et guerrier qui prévaut dans ces pays de la sous-région, notamment en ce qui concerne la restriction de certaines libertés individuelles dans le cadre de révolutions politiques, économiques, idéologiques et même étatiques, lesquelles contraignent les fondements démocratiques et libéraux des politiques africaines, mais aussi la lutte contre le terrorisme. Orrientations géopolitiques amorcées par les Présidents des pays menbres de l'AES, lesquelles semble déplaire à leurs opposants géopolitiques d'Afrique et d'Europe.
D’ailleurs, après la diffusion de nombreux audios et de témoignages de complices présumés, relayés par certains activistes politiques, nous ne pouvons pas balayer d’un revers de la main l’hypothèse d’une possible complicité du gouvernement ivoirien, lequel, à ce jour, n’a jamais formellement démenti ces accusations. Il faut qu'on parte en profondeur. PÀ titre d’exemple, on peut évoquer le décès d’Alino Faso dans les geôles d’une école de gendarmerie en Côte d’Ivoire, ou encore les nombreux enregistrements audio publiés par des activistes ivoiriens (évidemment, nous ne citerons aucun nom).
Enfin, pour revenir aux éléments audio, le mea culpa de l’un des complices de l’assaut déjoué a été diffusé dans les médias burkinabè, notamment sur la chaîne RTB. Voici un extrait du verbatim :
Je m'appelle El hadj Madi sakandé. je suis commerçant. je me suis rendu en 2023 chez l'ancien président DAMIBA et nous avons échangé. En 2025, je me suis encore rendu chez l,ancien président DAMIBA. À notre deuxième rencontre, Il m'a expliqué sa volonté de reprendre le pouvoir, il m'a demandé de voir commen t on pouvait l'aider à atteindre son objectif. À mon retour je suis allé voir El hadj Wimèga Ali. C'est un commerçant qui réside à Ziniaré. Il m'a expliqué qu'il a un petit-fils du nom de Salif qui travaille avec le président et qui était également en train de fomenter des actes de déstabilisation. Il m'a dit qu' avec ce dernier dans l'équipe, l'objectif pourrait être atteint. El Hadj Wimèga lui a donné mon contact. Il m'a appelé et on s'est rencontré quand on s'est rencontrés, il m'a fait savoir qu'il était prêt. Et je lui ai dit d'appeler le président Damiba et entre militaire ils seront comment faire. Sous le champ, j'ai appelé le président Damiba et je lui ai passé le téléphone.
Damiba lui a demandé ce qu'il voulait faire de sa position dans le cadre d'un coup d'état. Et Salif lui a rassuré qu'il pouvait tuer président Ibrahim Traoré. Et comme il est avec le président tous les jours, il peut accomplir cette tâche sans problème. Il a également soutenu qu'il pouvait placer des explosifs sur des sites de rencontre des chefs militaires à Ouaga 2000 et les explosions allaient tuer beaucoup de chefs militaires, voilà ce qu'il a dit qu'il pouvait faire. Il a appelé le président Damiba une deuxième fois et ils ont encore échangé. Entre temps je suis allé prendre l'argent en Côte d'Ivoire 70000000 de francs CFA.
La somme totale que j'ai remis aux 3 protagonistes s'élève à 40000000 de francs CFA. Après je suis retourné chez El hadj Wimèga pour voir si lui et Damiba se sont entendus, combien je devais lui remettre. C'est pendant que nous étions en train d'échanger ce sujet qui sont venus nous arrêter.
Nous pouvons nous interroger sur la légitimité des témoignages, notamment sur la question de savoir si les complices ont été contraints de témoigner. Mais une interrogation demeure : qu’aurait à gagner Ibrahim Traoré à se mettre à dos son homologue ivoirien ?
On peut croire ou non à l’implication de la Côte d’Ivoire dans le terrorisme et la déstabilisation du Burkina Faso, tout comme à celle du Togo, où Paul-Henri Sandaogo Damiba vit en exil ou aurait été supposément extradé vers le Burkina Faso, information démentie par la RTB, média public officiel du pays. Néanmoins, certaines questions demeurent légitimes et méritent d’être posées :
La Côte d'Ivoire pourrait-elle être à l'origine de la tentative de coup d'État au Burkina-Faso ?
En Afrique de l'Ouest, les coups d’État ne naissent jamais seuls. Ils ont des silences pour alliés, des frontières pour témoins, des murmures pour preuves, et parfois des voisins qui regardent ailleurs ou un peu trop attentivement. Depuis Ouagadougou, des informations inattendues et des rumeurs inespérées, insistantes et presque indécentes persistent : et si cette tentative de renversement n'était pas uniquement l'œuvre de Damiba ? Les regards se tournent alors vers Abidjan, un voisin qui semble véreux dans ces politiques régionales, une main invisible qui fait parler, surtout depuis la rébellion et la crise postélectorale de 2010 et le "coup d'État civil" (évoqué sous les antennes… par le président du PPA-CI, l'un des grands partis d'opposition du pays), qui a fait de lui un président de fait à un quatrième mandat anticonstitutionnel. La question n’est donc pas de savoir si la Côte d’Ivoire est coupable, car les preuves, comme souvent, préfèrent la discrétion — mais pourquoi son nom circule-t-il avec autant d’insistance dans les couloirs diplomatiques et les murmures sécuritaires ? En politique, ce qui se chuchote mérite parfois autant d’attention que ce qui se proclame.
Avant tout propos, depuis l'annonce de l'extradition de Paul-Henri Damiba pour atteinte à la sûreté de l'État du Faso, nous pouvons reconnaître l'innocence du pouvoir togolais en ce qui concerne leur inaction ou action dans les instabilités politiques régionales. Mais qu'en est-il de la Côte d’Ivoire ? Aucune déclaration, rien. Penchons-nous alors sur les avantages que le régime ivoirien pourrait tirer de ces tentatives de déstabilisation.
Tout d'abord, la crise postélectorale en Côte d’Ivoire met Alassane Ouattara au pouvoir grâce à la rébellion des ex-Forces nouvelles, venant en majeure partie du Nord, du Burkina Faso de l'ancien président Blaise Compaoré. Le Burkina Faso a été un allié stratégique lors de la rébellion des ex-Forces nouvelles, dirigée par Guillaume Soro, qui deviendra plus tard Premier ministre. Certaines sources ont révélé que le pays aurait participé à la fourniture d’armes, servi de base arrière pour les rebelles et joué d’autres rôles logistiques. Aujourd’hui, Guillaume Soro fait l’objet d’un mandat d’arrêt international et serait en exil sur le territoire de l’AES. Contrairement à Soro, trahi par le président du RDR, Alassane Ouattara, Blaise Compaoré vit toujours sur le territoire ivoirien, où il a obtenu la nationalité et bénéficie d’un blanchiment implicite par le pouvoir mis en place grâce à la rébellion de Soro.
Une liaison entre le gouvernement ivoirien et Damiba semble, à première vue, tout à fait plausible, surtout si l’on considère qu’elle pourrait s’inscrire dans un cadre sécuritaire (lequel a été affirmé par le président Ouattara dans son discours), justifiant à leurs yeux le quatrième mandat du président, aux yeux de l’Union européenne et de l’ONU, qui, de toute évidence, n’y prêtent guère attention. La question se pose alors : face à l’attachement notoire du gouvernement ivoirien à la Françafrique, la déstabilisation des gouvernements de l’AES, où la France a perdu tout son influence, ne serait-elle pas, en réalité, le compromis silencieux de l’Élysée, surtout depuis les coups d’État militaires au Bénin et en Guinée-Bissau, qui apparaissent comme un véritable effet domino du mouvement de l’AES ?
Des questions que l’on se pose en silence, et que seuls les murs feutrés de certaines chancelleries connaissent vraiment…
The Sir Whisper




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