Après la Pologne et le Venezuela, maintenant le Groenland : qui défend vraiment le droit ?
- The Civic Whisper

- 21 janv.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 4 févr.

Le Groenland, miroir de l’hypocrisie internationale : qui défend vraiment le droit ?
Les débats récents autour du Groenland et des déclarations de Donald Trump s’inscrivent dans
un contexte international marqué par une remise en question croissante de l’ordre multilatéral.
Ces dernières décennies, le système international a été largement façonné par l’usage de la force à l’encontre de régimes perçus comme hostiles aux intérêts américains. De nombreuses
interventions menées directement par les États-Unis, parfois avec l’appui de la France ou sous
couvert de résolutions onusiennes ont illustré une application sélective du droit international,
souvent subordonnée aux intérêts stratégiques de Washington.
Il n’est guère nécessaire de revenir longuement sur les interventions en Irak ou en Afghanistan,
ni sur les changements de régime en Amérique latine orchestrés durant la guerre froide et au-
delà. Ces événements, antérieurs à l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, ont contribué à
fragiliser la crédibilité des institutions internationales, l’Organisation des Nations Unies
apparaissant souvent comme spectatrice, tandis que le droit international était relégué au second plan.
Dans ce contexte, l’indignation suscitée par les actions et les déclarations de Donald Trump
mérite d’être interrogée. Lorsqu’il agit ouvertement au nom des seuls intérêts américains, une
partie de la communauté internationale semble redécouvrir soudainement l’importance du droit international et de la Charte des Nations Unies. Pourtant, cette indignation contraste avec
l’absence de justice et de réparations dans des situations antérieures. La question demeure :
justice a-t-elle été rendue à Laurent Gbagbo, dont le palais présidentiel a été bombardé par
l’armée française lors de la crise ivoirienne ? Justice a-t-elle été rendue au peuple irakien après
une invasion largement reconnue comme injustifiée et menée en dehors de tout cadre juridique
international ? La Libye, aujourd’hui profondément fragmentée, a-t-elle bénéficié de réparations après l’intervention qui a conduit à l’élimination de son dirigeant, lequel plaidait notamment pour une intégration africaine renforcée ?
Ainsi, les initiatives de Donald Trump apparaissent moins comme une rupture que comme une
continuité assumée de la doctrine américaine, dans un contexte de recomposition des rapports de force mondiaux marqué par le rapprochement stratégique entre la Chine et la Russie. En Afrique, il n’est pas rare d’entendre, dès le milieu scolaire, que l’ONU est perçue comme une supercherie, notamment en raison de l’absence de représentation africaine et sud-américaine permanente au Conseil de sécurité. Dans cette perspective, les propos de Donald Trump concernant le Groenland ont souvent été interprétés comme de simples provocations. Pourtant, ils soulèvent des interrogations plus profondes sur l’évolution de l’ordre international: si une telle logique expansionniste devaitvs’imposer, quels territoires pourraient être les prochains concernés ? Les îles du Pacifique ? Le Canada ? Et surtout, comment le monde africain se positionne-t-il face à ces dynamiques ?
Si l’attachement au droit international et aux institutions multilatérales demeure largement
partagé, force est de constater que ces organisations ont montré leurs limites. Pour de nombreux observateurs, leur affaiblissement ne suscite plus de véritable surprise. Le basculement progressif vers un monde régi avant tout par le rapport de force économique et militaire constitue, à cet égard, une évolution profondément préoccupante pour la stabilité internationale. Le futur s’annonce morose pour l’occident. Nous espérons que cette réorganisation du monde ne se fasse pas sans l’Afrique.
by Sir Echo




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